Dans l’intérim, les accidents du travail sont deux fois plus fréquents que la moyenne nationale, tous secteurs confondus, selon une étude de la CARSAT. Face à ce constat, l’évaluation des compétences et la prévention des risques deviennent des sujets stratégiques pour les agences d’emploi, qui doivent à la fois protéger leurs intérimaires et répondre à des exigences réglementaires et commerciales de plus en plus fortes.
C’est le cas de Kiwi Emploi, une agence d’intérim indépendante implantée en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie, qui utilise les tests E‑testing depuis plusieurs années pour évaluer les compétences de ses candidats et sécuriser leurs prises de poste. Ces tests sont intégrés directement dans l’ATS d’Enso, un autre partenaire technologique clé de Kiwi Emploi, ce qui fait gagner un temps précieux aux équipes de recrutement.
À l’occasion d’un webinar organisé par E‑testing et Enso, deux voix de Kiwi Emploi sont venues témoigner de cette expérience : Vincent Giraudeau, Dirigeant fondateur de l’agence, et Priscilla Gomez, Chargée d’affaires et de mission amélioration continue. Nous en avons tiré cette interview.
Envie de voir la présentation complète et la démonstration de l’intégration des tests dans l’ATS ?
E‑testing : évaluer, former et sécuriser les intérimaires
E‑testing est la première plateforme en Europe pour évaluer, former et sécuriser les intérimaires. Forte de plus de 25 ans d’expérience, la plateforme est utilisée par près de 5000 agences de travail temporaire, dont de grandes enseignes du secteur comme Randstad, CRIT, Actual, Synergie…
Le catalogue E‑testing répond à deux besoins complémentaires : évaluer et sensibiliser.
Côté évaluation, on retrouve des tests hard skills, qui permettent de vérifier les compétences techniques sur un très large éventail de métiers (plus de 500 tests créés par des experts métiers), ainsi que des tests soft skills, qui évaluent le comportement, la posture managériale, et les profils commerciaux.
Côté sensibilisation, la plateforme propose des Serious Games animés et pédagogiques pour prévenir les risques professionnels, ou des Cartes aux risques digitales. Ces expériences immersives et ludiques, disponibles en plusieurs langues et pour des secteurs variés, permettent de sensibiliser les intérimaires aux risques et accidents du travail.
Chaque test peut donner lieu à une attestation à valeur probante, avec une option de signature électronique, qui garantit que c’est bien le bon candidat qui a passé le test. Un point clé en cas de contrôle ou d’accident du travail.
Ce dernier point prend une importance croissante pour les agences de travail temporaire depuis le décret instaurant que le partage des coûts des AT/MP se fait à part égale entre l’entreprise de travail temporaire et l’entreprise utilisatrice. Depuis, cette dernière se tourne de plus en plus vers l’agence d’intérim pour s’assurer que ses intérimaires ont bien été sensibilisés aux risques du poste. La prévention n’est donc plus seulement un sujet RH ou sécurité, elle est devenue un enjeu financier et commercial direct pour les agences.
E‑testing s’interface aussi directement avec les principaux ATS du marché. Chez Kiwi Emploi, c’est justement cette intégration avec l’ATS Enso qui simplifie l’usage des tests au quotidien.
Chez Kiwi Emploi, plus de 500 tests ont ainsi été envoyés aux intérimaires depuis le début de l’année, dont près de la moitié dédiés à la prévention des risques.
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Interview : Kiwi Emploi raconte son usage des tests E‑testing
Kiwi Emploi, en quelques mots ?
Vincent Giraudeau : “Kiwi Emploi est une entreprise 100 % indépendante, fondée en 2012. Nous comptons aujourd’hui une trentaine de collaborateurs, huit agences réparties sur la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie, six agences spécialisées, deux généralistes. Ce qui nous caractérise, au-delà de notre taille humaine, c’est notamment nos singularités : nous sommes une entreprise agile, qui fait du lean et travaille sur l’amélioration continue. Par ailleurs, nous avons un engagement RSE assez solide, labellisé entreprise à mission. Tout ça contribue à façonner notre manière d’aborder les sujets de recrutement, d’évaluation et de sécurité.”
Pourquoi la santé et la sécurité des intérimaires sont-elles une priorité pour vous ?
Vincent Giraudeau : « Pourquoi on adresse ce sujet avec beaucoup d’attention ? C’est simple : c’est une conviction. On ne va pas au travail pour s’abîmer, et nos équipes en agence ne font pas le travail difficile qu’elles font pour vivre des drames humains. Le sujet prévention-sécurité est inscrit très profondément dans notre ADN, notamment parce que nous faisons du lien, et qu’en matière de lien, la priorité absolue, c’est la sécurité des hommes. Nous sommes par ailleurs entreprise à mission, et dans nos engagements statutaires, il y a celui de fournir un cadre de travail sécurisant à nos salariés intérimaires.”
Concrètement, comment cet engagement se traduit-il avec les tests E‑testing ?
Vincent Giraudeau : « Un de nos objectifs, en tant qu’entreprise à mission, est que 100 % des nouveaux intérimaires positionnés sur des postes à risque puissent passer un test de sécurité adapté avant leur démarrage. C’est un objectif que l’on pilote grâce aux tests E‑testing. Ça contribue à renforcer la sélection et la prévention. On a aussi ajouté plus récemment un Serious Game de prévention, une alternative complémentaire qu’on utilise avant la prise de poste pour re-sensibiliser les intérimaires aux risques du métier. »
Il ajoute que cet engagement est également un levier commercial : « C’est vrai que ça devient aussi un argument commercial, vis-à-vis de nos clients. C’est une bonne chose, cette mesure de la sinistralité, car dans certains cas elle provoque des prises de conscience, avec l’aiguillon financier, chez nos clients. Ça nous donne plus d’arguments pour travailler encore mieux ce sujet de la sécurité. »
Les tests ne servent-ils qu’à la sécurité ?
Priscilla Gomez : « Au-delà de la sécurité, je pense que c’est aussi un outil d’aide à la prise de décision, par rapport à des métiers qui peuvent être en tension. On se retrouve parfois face à des pénuries de candidats, et nos clients sont prêts à former des personnes qui n’ont pas forcément d’expérience. Les tests nous permettent, dès le départ, de mesurer leur niveau de connaissance et de compréhension de l’environnement de travail, ce qui aide vraiment à la prise de décision : ce candidat n’a pas de qualification ni d’expérience dans ce secteur, mais est-ce qu’il a déjà un minimum de connaissances par rapport à ce qui est attendu ? C’est vraiment une aide, au-delà de la sécurité, pour pourvoir des postes sur lesquels on manque de candidats. »
Depuis quelques semaines, les tests sont intégrés directement dans votre ATS. Qu’est-ce que ça change au quotidien ?

Priscilla Gomez : « Cette intégration nous fait gagner du temps, et comme vous le savez, dans notre métier, tout ce qui peut faire gagner du temps aux recruteurs est primordial, pour qu’ils puissent se concentrer sur la mise en relation de nos candidats avec les entreprises. »
Vincent Giraudeau : « L’intégration des tests dans l’ATS est récente, mais les retours terrain sont déjà très positifs. Ça favorise l’adoption et la mise en œuvre des tests par les équipes, puisque tout se fait dans l’outil du quotidien, sans avoir à se rendre sur une plateforme séparée. Ça facilite aussi l’archivage des informations liées aux tests. Que du positif. »
L’adoption des outils : construire des standards et former les équipes
Choisir les bons outils ne suffit pas. Encore faut-il les faire adopter durablement par les équipes en agence, un chantier sur lequel Vincent Giraudeau et Priscilla Gomez sont largement revenus lors du webinar.
Comment les bonnes pratiques identifiées sur le terrain deviennent-elles des standards partagés par toute l’agence ?
Priscilla Gomez : « Ce n’est ni la direction ni le service informatique qui fait que l’outil fonctionne bien. C’est surtout par rapport aux collaborateurs qui pratiquent au quotidien, qui vont faire remonter des attentes d’amélioration ou partager les bonnes pratiques. Encore hier, sur une fonctionnalité précise de diffusion des offres d’emploi, j’ai trouvé quelque chose qui peut nous faire gagner 30 secondes. Et 30 secondes, c’est énorme. Donc j’ai tout de suite partagé l’information auprès des différents collaborateurs en agence. »
Elle précise comment ces bonnes pratiques sont ensuite diffusées : « Quand c’est une information singulière, ça part en mail à l’ensemble des collaborateurs. Quand ça se standardise, on transmet l’information via un document disponible sur une bibliothèque de standards, accessible à tous les collaborateurs, et en particulier utile pour les nouveaux arrivants qui peuvent s’y référer. »
Vincent Giraudeau : « On est structuré pour standardiser, pour revenir au standard lorsqu’il n’est pas utilisé, et pour faire évoluer le standard quand il ne marche pas suffisamment bien. La standardisation vient du terrain : c’est le terrain qui finit par définir la meilleure façon de travailler avec l’outil, et ce n’est pas figé, ça évolue. »
Quel a été le facteur clé de succès pour l’adoption de l’ATS et des tests E‑testing chez Kiwi Emploi ?
Vincent Giraudeau : « Pour l’ATS, nous avons impliqué une personne chez nous à 80 % de son temps, pendant six mois, pour être vraiment chef de projet et accompagner les équipes dans l’adoption. Ce qui a aidé, c’est aussi le bon niveau d’écoute et la bonne réactivité de nos partenaires par rapport à toutes nos remontées : chez nous, un problème, c’est une opportunité de s’améliorer. On les remonte, ils sont traités, et ça aide les équipes à réaliser qu’elles sont vraiment accompagnées. »
Et sur la formation, notamment des nouveaux arrivants ?
Vincent Giraudeau : « C’est un point sur lequel il faut être extrêmement vigilant. On a des équipes qui se développent, on recrute de nouveaux collaborateurs, on a aussi du turnover, et il ne faut pas hésiter à impliquer de la formation dans ces phases de recrutement. On se rend compte que, finalement, on pensait bien faire, mais on ne fait pas encore assez : c’est pour ça qu’on va solliciter encore plus le concours des équipes d’Enso pour former aux outils lors des nouvelles arrivées. »
En résumé
Chez Kiwi Emploi, l’évaluation et la sécurisation des intérimaires reposent sur quatre piliers complémentaires : une conviction forte, portée par la direction et formalisée dans une démarche d’entreprise à mission ; un objectif chiffré et suivi, avec 100 % des intérimaires sur postes à risque testés avant leur démarrage ; des outils du quotidien, comme les tests E‑testing désormais intégrés directement dans l’ATS ; et une adoption construite sur le terrain, avec des standards qui remontent des équipes et une formation continue, notamment pour les nouveaux arrivants.
Kiwi Emploi montre ainsi comment l’évaluation des compétences et la prévention des risques peuvent devenir un réflexe plutôt qu’une contrainte au sein d’une agence d’emploi.
